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Dimanche 25 Juin 2006
8e anniversaire de l'assassinat du Rebelle

Les Kabyles disent désormais : courageux comme Matoub. Mais pas seulement ça. On dit aussi franc comme Matoub, sensible, généreux, talentueux et fidèle comme Lounès le fut.

Chaque année, l’anniversaire de l’assassinat du  grand chanteur vient nous rappeler que la vie est courte. Courte et dure car comment supporter l’existence après la disparition d’un être aussi cher à toute une région, d’un homme irremplaçable, dont le courage est devenu une légende. Les Kabyles disent désormais : courageux comme Matoub. Mais pas seulement ça. On dit aussi franc comme Matoub, sensible, généreux, talentueux et fidèle comme Lounès le fut. Hier, à Taourirt Moussa, comme il y a déjà une année, lors du 7e anniversaire et comme il y a déjà huit ans, le jour de son assassinat, ses fans affluaient sur sa maison dont la porte ne se ferme jamais. Comme de son vivant. Il l’a même chanté en 1990 : “Tabburt melmi its ghelqagh” ! Deux jeunes filles de Larbâa Nath Irathen sont déjà là. Elles devancent ce triste anniversaire de vingt quatre heures. Elles ne peuvent pas attendre jusqu’à demain. Il suffit de lire dans leur regard pour constater que Matoub leur circule dans les veines. Derrière le siège où elles sont assises, un grand cadre est accroché. On y voit Matoub en compagnie de Djamila, sa muse et sa femme pendant sept ans. Un jeune tente de faire une observation : «Ils se ressemblent, n’est-ce pas ?». L’une des deux filles rétorque avec un sourire qui dissimule très mal sa tristesse : «Non, ils ne se ressemblent pas, c’est seulement parce que chacun convient à l’autre que vous faites cette remarque». Et on se demande si sans l’existence de Djamila, Matoub aurait pu composer les plus belles chansons d’amour dans l’histoire de la poésie kabyle.
Cinq minutes plus tard, quatre jeunes hommes arrivent avec une caméra, ils sont guidés par la secrétaire de la Fondation Matoub. «S’il vous plaît, éteignez votre caméra», lance cette dernière avec amabilité. Les jeunes demandent à voir la photo de Djamila. Quelle est donc cette femme sur laquelle Matoub chante avec autant de fougue et tendresse mais aussi avec autant de colère et rancune ?, semble s’être demandés les quatre fils du Rebelle.  Ils restent obnubilés pendant plusieurs secondes devant le cadre. Un silence total accompagne ces instants de méditation. Ils tentent de pénétrer le mystère de l’idylle la plus célèbre de la région. Les jeunes partent. Il sont venus d’un patelin situé entre les Issers et Bordj Ménaeil. Un couple de jeunes mariés dont la femme est enceinte atterrit à son tour. L’épouse avoue à son mari, d’un air où se mélange l’allégresse à la mélancolie, que c’est la première fois qu’elle vient ici. Le défilé continue durant toute la journée de ce 24 juin 2006. Comme du vivant de Lounès, cette maison continue à recevoir des dizaines de visiteurs chaque jour.
Nourredine Medrouk, porte-parole de la fondation confirme : «Chaque jour, la maison reçoit entre 50 et 100 personnes. Ça continue sur les 365 jours de l’année». Nourredine Medrouk, tout comme les autres membres de la fondation, sont en colère car l’Etat, qui s’est engagé au début de l’année à réhabiliter Matoub semble s’être rétracté. Les animateurs de la fondation en veulent pour preuve la non-attribution de la subvention qui avait pourtant été promise par les représentants de l’Etat afin de prendre en charge les festivités de l’année Matoub-Lounès qui comprenaient principalement trois axes majeurs : la caravane, le mega-concert de la Coupole et enfin un colloque international sur la vie et l’œuvre de Matoub Lounès qui devait se tenir à l’université de Tizi Ouzou.  Nourredine Medrouk précise, avec détermination, que malgré ce désengagement de l’Etat, ces activités seront maintenues, même avec un report. «Nous allons tout faire pour qu’il y ait le concert de la Coupole à la mémoire de Matoub», dit-il. Tous les chanteurs qui ont connu, aimé et respecté Matoub de son vivant ont confirmé leur participation. «Nous commençons à prendre attache avec Nouara», révèle notre interlocuteur. Des musiciens doivent venir des USA et d’Europe. Un tel projet artistique nécessite de gros moyens.  De son vivant, Matoub dérangeait et mort il dérange encore plus. «Ils ont peur même de son ombre», lance un jeune qui se lave le visage à la fontaine construite et mise à la disposition du village par Matoub Lounès. Ils, ce sont sont ceux qui l’ont tué ainsi que les complices, mais surtout tous ceux qui sont contre l’Algérie chantée et rêvée par Matoub. Ils sont nombreux et ils ont du poids. A l’intérieur du salon, Nna Aldjia est assise autour d’une table. Elle écoute les chansons de son fils diffusées par la Radio Berbère à longueur de journée en hommage au Rebelle. Des centaines de citoyens appellent de Kabylie et de France à la radio BRTV pour dire combien Matoub leur manque et combien il lui sont restés fidèles.
La vérité, toute la vérité sur les auteurs et les commanditaires de l’assassinat de Matoub reste le leitmotiv de la mère du chanteur le plus engagé d’Algérie. Une revendication scellée et non négociable que partagent des millions de Kabyles, ceux des montagnes. Cette vérité est synonyme de l’honneur de toute une région qui, à travers Matoub, a perdu un repère et un héros intemporel. Mais aussi un artiste qui a mené la chanson kabyle à un niveau tellement élevé que depuis sa mort, le stade Oukil-Ramdane que remplissait Matoub n’accueille plus aucun artiste. Et à chaque événement, les gens d’ici disent avec regrets : «Si Matoub était là !».  2005 © La Dépêche de Kabylie

publié par Hassane AMRANE dans: Paysages
Jeudi 02 Février 2006

Le Djurdjura Taltat

 

   Djurdjura, chaîne montagneuse du Tell algérien, située à 100 km à l'est d'Alger et à 50 km au sud de la Méditerranée. Elle constitue le contrefort méridional de la Grande Kabylie, dominant la vallée de la Soummam et la ville de Bouira. Cette grande sierra calcaire aux flancs abrupts, longue de 50 km, culmine au pic Lalla-Khadidja (2 308 m). L'altitude et la proximité de la mer expliquent l'abondance des précipitations (plus de 1 000 mm par an), neigeuses en hiver. Le massif constitue un parc national.

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Parc National du Djurdjura BP 249 - BOUIRA 10 000

CARACTÉRISTIQUES GÉNÉRALES
Le Parc National du Djurdjura a été crée par décret 83/460 du 23 juillet 1983. Il concerne 18 communes, 10 au nord de la wilaya (département) de Tizi-Ouzou, et 08 à Bouira au sud. Il est situé à 140 km au sud est d’Alger, et à 50 km parallèlement à la mer méditerranéenne. Allongé selon la direction Est-Ouest sur 50 km de longueur et une largeur de 03 à 10 km. D’ossature générale calcaire, le Djurdjura est subdivisé en trois grands massifs :

-  A l’Ouest : le massif de haizer (2164 m)
-  Au centre : le massif de l’Akoukeur (2305 m)
-  A l’Est : le massif de Lalla Khedidja (2308 m) D’une superficie totale de 18850 ha , Le Djurdjura est un Parc de haute montagne , compris entre 600 et 2308 m d’altitude. Les principaux modèles géomorphologiques sont : les Karst , les Dolines et Lapiaz . Certains formes sont particulières au Djurdjura : Tasserafts (puits de neige) et Agounis (Couloirs de neige).LA FLORE : 690 espèces végétales sont identifiées sur le Parc National.

LA FLORE : Elle est marquée par la présence d’espèces nobles , rares et endémiques, telle que : le Cèdre de l’Atlas (Cedrus Atlantica ), le Pin Noir (Pinus nigra.ssp.clusina.var.mauritania) , le Genévrier sabine (Junisperus sabina), le houx (Ilex aquifolium) , la pivotine... etc, 27 espèces sont rares ou menacées.

LA FAUNE : Elle est riche et diversifiée , elle comprend la plupart des espèces de l’Algérie du Nord. Le Djurdjura a été habité autrefois par deux espèces de grande taille, aujourd’hui éteintes, il s’agit du Mouflon à Manchette (Ammotragus lervia) et de l’Ours brun (Urus artos). Pour ce dernier, des ossements trouvés dans une grotte ont étés datés par la méthode C de l’époque historique (420 à 600 A . D) les mammifères existants encore nombreux et parmi les plus caractéristiques de la région : le Singe magot ( 1500 individus), l’Hyène rayée, le Chacal, le Renard roux , la genette, la Mangouste, le Sanglier, le Porc épic... etc. Le Lynx ( Caracal algirus ) et le Serval (Flis serval) leur existence est probable (Un couple avec trois petits ont été aperçus aux Ait-Ouabane pour le premier, trace de pattes sur la neige pour le deuxième ).

LES OISEAUX : Le Djurdjura est un pays de prédilection pour l’avifaune, surtout pour les rapaces. 112 espèces sont recensées au Djurdjura, regroupées dans 32 familles dont les plus représentatives sont : les tulidés avec 16 espèces et les accipiridés 11 espèces notamment : les Aigles (Royal , botté , Bonelli), les Vautours : le fauve, percnoptère, gypaète barbu , faucons , milans et buses... Etc.

 

 

publié par Hassane AMRANE dans: Paysages
Mercredi 01 Février 2006

La Kabylie

 

       Kabylie, massif montagneux du nord-est de l'Algérie, bordant la Méditerranée, situé à l'est d'Alger et de la Mitidja. Pendant la guerre d'Algérie (1954-1962), la Kabylie a été au centre de nombreuses opérations de guérilla en raison de son caractère escarpé et de la végétation qui la couvre. La Grande Kabylie, dont la ville principale est Tizi Ouzou, surplombe la Méditerranée et culmine à 2 308 m au Lalla-Khadidja. Elle est limitée au sud par l'imposant massif du Djurdjura qui domine la vallée de la Soummam, une rivière qui la sépare de la Petite Kabylie et se jette dans la Méditerranée près du port de Bejaia (Bougie). La Petite Kabylie, dominée par le djebel Babor, est moins élevée, plus ouverte sur la mer et le golfe de Bejaia et soulignée d'une superbe corniche. La Grande Kabylie est la région la plus peuplée avec une forte densité de population. Les Kabyles cultivent l'olivier et le figuier, l'orge et le blé dur, et pratiquent un petit élevage familial. Ils sont berbérophones. De par leur position géographique, ils se sont trouvés sur la route des conquérants et ont toujours opposé une résistance farouche, ne serait-ce que par leur langue. À notre époque, ils en revendiquent l'usage dans l'enseignement et les médias. Pays d'immigration vers les grandes villes et la France, la Kabylie est dotée de fortes structures sociales qui permettent aux hommes de partir longtemps au loin, sachant que le système familial traditionnel prendra en charge sa famille restée au pays. Le développement de la solidarité entre les membres de la collectivité est à la base de l'organisation sociale.

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publié par Hassane AMRANE dans: Paysages
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