TAFSUT, chants et danses de Kabylie, se prépare à célébrer la grande Fête Nationale du Québec.
Un large programme est offert aux participants.
En effet TAFSUT reçoit lors de cette journée, plusieurs centaines de personnes de différentes ethnies.

LA TROUPE “IMSEBRIDEN” REPREND SON BÂTON DE PÉLERIN
“Tachbalit” de Mohia sur les planches vers la fin avril

La troupe universitaire de Tizi Ouzou Imsebriden, qui a imprimé son nom dans le gotha du théâtre kabyle vers la fin des années 1980, reprend son bâton de pèlerin pour ressusciter Mohia à travers Tachbalit, après une éclipse totale qui a duré plus de 15 ans. La mort subite de Muhend U Yahia a naturellement provoqué une onde de choc chez ses fans. Les membres de la troupe Imsebriden (les passagers), éparpillés pour des raisons professionnelles à la fin de leur cursus universitaire, se sont retrouvés pour monter, une nouvelle fois, sur scène et jouer la pièce Tachbalit en guise d’hommage à celui qui a sacrifié toute sa vie pour la culture et le théâtre kabyles.
Qui n’a pas en mémoire les personnages de Jeddi Yebrahim, Aali n Delon, Tajilbant, Smina n’ Tazert, Hlima n’ Tala, Buleghbar, Wejjir, Wejtuti, Si Qaci, Bubrun et Bugatu ?
Mohia avait su manier son génie pour trouver les prénoms qu’il fallait pour adapter une œuvre du prix Nobel Italien Luigi Perandello en kabyle, en lui donnant une touche propre à la société kabyle. C’est ce génie propre à Mohia que la troupe Imsebriden voudrait faire découvrir à la génération de l’après-80. C’est par devoir de mémoire et de militant en guise d’hommage au fils des Aït Erbah que l’ensemble de la troupe est rappelé pour la circonstance. Une séance de répétition est organisée une fois par semaine à la Maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou.

“Les répétitions se déroulent dans une ambiance émotionnelle”, nous a déclaré le Dr Hider Yahia, un des comédiens, en sa qualité de co-directeur de la production en compagnie de El Hassene Metref, président de la Ligue des arts dramatiques et cinématographiques de la wilaya de Tizi Ouzou. L’ambition de la troupe est de monter la pièce Tachbalit, digne d’une production théâtrale professionnelle. Selon l’estimation financière élaborée par Omar Fetmouche, directeur du Théâtre régional de Béjaïa, cette entreprise coûtera une enveloppe assez conséquente de l’ordre de 3 150 000 DA. C’est ainsi qu’un dossier de subvention bien ficelé est adressé à l’Assemblée populaire de la wilaya de Tizi Ouzou, au ministère de la Culture, au Haut-Commissariat à l’amazighité, ainsi qu’aux sponsors privés, selon le manager général de la troupe, le Dr Chebala Salah. Probablement, la pièce sera fin prête pour sa présentation en public vers la fin du mois d’avril, ajoute notre interlocuteur, qui souligne qu’il “reste simplement quelques accessoires à acquérir tels que les décors et la jarre”.

Une chose est certaine, ajoute notre source, les comédiens et comédiennes sont en train de répéter fidèlement le texte original, sans aucune censure. Bien évidemment, du point de vue technique, des nouveautés seront introduites au niveau de la mise en scène sous la direction de Arab Belkacem.

La troupe s’inscrit déjà dans la durée, selon le Dr Hider, qui souligne que “l’idée commence à germer au sein du groupe pour monter d’autres pièces dont l’objectif principal est d’impulser le théâtre d’expression amazigh, d’autant plus qu’il y est question de l’ouverture prochaine du Théâtre régional à Tizi Ouzou”.
Préambule Cette pathétique phrase du regretté Kateb Yacine résume à elle seule la grandeur de Muêend U Yeêya que la mort nous a ravi il y a un peu plus d’une année. ![]() Imsebriden est une jeune troupe estudiantine qui fait partie du gotha du théâtre kabyle naissant dans les années 80 à l’instar d’Amezgun N Tewrirt et Me$res, une autre troupe universitaire. Après un début prometteur, toutes ces troupes se sont hélas ! éclipsées à l’issue des cursus de leurs membres tant il est vrai qu’une troupe universitaire a une durée de vie éphémère. Malheureusement, cette regrettable disparition est loin d’être le propre des troupes nées dans nos campus. Aujourd’hui, sans vouloir vexer quiconque, il n’y a pas sur la scène une troupe digne de ce nom qui ait survécu. Le marasme du 4ème art kabyle est pour ainsi dire total. Qu’à cela ne tienne ! L’objet de mon propos n’est pas de quêter les raisons de ce déclin annoncé, mais de mettre l’accent sur une perspective heureuse qui peut augurer de meilleurs lendemains pour le théâtre en Kabylie. En effet, en voulant réinvestir la scène, Imsebriden s’apprête à tenter un exploit rarement réalisé, pour ne pas dire jamais : ce n’est guère une sinécure que de réunir les membres d’une troupe après une séparation qui aura duré une quinzaine d’années, surtout lorsque ces membres sont plongés dans leurs vies familiales et socioprofessionnelles dans des horizons diverses et éparpillés (médecins, magistrats, enseignants, administrateurs, professions libérales, …). En lançant le défi de rejouer TACBALIT de Muêend U Yeêya, adaptation de la Giara (la Jarre) du prix Nobel italien Luigi Pirandello, l’enjeu dépasse largement le cadre interne de la troupe Imsebriden. Si le projet advenait, l’impact aura des répercussions à une large échelle. Pour ma part, je ne peux qu’espérer que ce projet réussira à booster une pratique artistique plongée dans une crise aigue. L’intention est donc là ; reste maintenant à réussir ce come back. C’est là une tout autre histoire car il est pour ainsi dire obligatoire de faire au moins aussi bien que la première fois, sinon mieux. Pour y parvenir, il n’y a pas trente six chemins, il faut réunir tous les moyens nécessaires : humains, logistiques et financiers. C’est à cette tâche que les partenaires de ce projet s’attèlent dès à présent par la présentation de ce modeste dossier dont l’objectif est d’éclairer toutes celles et tous ceux, amoureux de l’œuvre de Mohia et du théâtre kabyle et leur demander leur soutien pour cette entreprise de réhabilitation que je ne crains pas de qualifier de salvatrice. EL HACENE METREF, Président de la Ligue des Arts Cinématographiques et Dramatiques de Tizi-Ouzou
Fiche technique - Troupe IMSEBRIDENen partenariat avec: - La Maison de la Culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou - La Ligue des Arts Cinématographiques et Dramatiques de Tizi-Ouzou Direction de la production : EL HACENE METREFYAHIA HIDER Manager général :SALAH CHEBALLAH Texte : TACBALIT Auteur : MUËEND U YEËYA Adaptation : LA JARRE de LUIGI PIRANDELLO Durée: 01 (UNE) HEURE Mise en scène : BELKACEM ARAB Scénographie et chorégraphie : RAZIKA MOKRANI, assistée de SALIM BOUKHEMAL Bande son : RABAH TICILIA Mise en scène filmique & Moyens audio-visuels:KARIM SAID LHADJNORDINE HADID Interprétation - Ali BENBOUABDELLAH - Jeddi Yebôahim - Madjid MEZDAD - Aeli N Delu - Samia GRAICHE - Taoilbant - Siham AIT FELLA - Smina N Tazert - Salima TAIEB - Ëlima N Tala - K. L - Bule$baô - Koceila CHEBALLAH - Wejîuîi - Ahcène IDIR - Wejjir - Farid BEKDOUCHE - Si Qasi - Rabah AMIRECHE - Bubôun - Yehya HIDER - Avocat Résumé Ce jour là, Jeddi Yebrahim était afféré à se plaindre auprès de son avocat venu pour un séjour thérapeutique. Jeddi Yebrahim est arraché à son conciliabule par l’arrivée tardive du marchand de fumier. Ce n’est que par égard à son avocat que Jeddi Yebrahim se résilie à accepter la livraison dont il tient tout de même à superviser le déchargement. Arrivé au champ pour surveiller le travail de Bu Leghbar, Jeddi Yebrahim renvoie ses ouvriers à la maison pour leur assigner une mission assez délicate. L’ayant compris, son zélé contre maître, Ali N Delu, se charge d’organiser et de superviser cette mission consistant à évacuer un vieux fut aux fins de faire place à la toute nouvelle et grande jarre chèrement achetée à Ait Frah en prévision de l’exceptionnelle récolte d’huile escomptée. Mais le drame survient lorsque l’on découvre que cette fameuse jarre est fissurée. Quelle catastrophe ! Dans la panique générale, Ali N Delu consent à aller chercher Jeddi Yebrahim dont la réaction était connue d’avance, tandis que les ouvriers, hommes et femmes, discouraient sur ce malheur en prenant soin de s’en disculper. Jeddi Yebrahim, fou de rage, arrive dans une colère noire et accuse immédiatement ses employés qu’il jure de faire payer. Il ordonne qu’on lui ramène la jarre afin qu’il mesure de ses yeux l’importance des dégâts. Dès qu’il la voit, il tombe en pleurs et lamentations en continuant à proférer jurons et menaces. On lui propose alors de faire appel aux services de Si Qasi, un artisan ambulant réputé pour sa colle miraculeuse. Contraint d’accepter, Jeddi Yebrahim exige des explications sur cette colle et prescrit lui-même le mode de l’intervention technique : la colle et des agrafes. Malgré sa confiance inébranlable en sa colle et la pertinence de ses arguments, Si Qasi se trouve dans l’obligation d’abdiquer et d’adopter le mode opératoire de Jeddi Yebrahim. Mais ce mode exige de Si Qasi de renter dans la jarre pour mener à bien sa tache. A peine le morceau fissuré recollé, Wejjir s’aperçoit qu’il sera difficile à Si Qasi de sortir. Quelle drôle et dramatique situation à laquelle Wejjir convie ses collègues. Alerté par le tapage général, Jeddi Yebrahim arrive et découvre cette nouvelle mésaventure à laquelle il ne s’est jamais attendu. Que faire alors pour résoudre cette tragédie où Jeddi Yebrahim ne tient pas du tout à laisser une quelconque plume ? ![]() |
Il a passé deux années en prison
J moins zéro, J moins rien, la boucle est-elle vraiment bouclée ? Deux années se sont écoulées à l’ombre de la société frénétique et toujours en course. A l’ombre du soleil algérois et des rayons de la presse. A l’ombre mais pas en marge de la vie.
Aujourd’hui, les portes de la prison d’El Harrach s’ouvriront sur l’homme qui a défrayé la chronique de la presse algérienne mais également étrangère : Mohamed Benchicou. A l’ombre du cachot mais à la lumière des projecteurs, le journaliste et ancien directeur du quotidien Le Matin se propose, dès sa sortie, de saluer Alger par un ricochet commémoratif à la place de la Liberté de la presse vers 11h. Cette même place qui a fait peau neuve depuis plus d’une année et s’offrira aujourd’hui pour accueillir Mohamed Benchicou mais également le comité qui porte son nom et la corporation des journalistes. Ce même comité Benchicou pour les libertés qui s’est formé lors de son incarcération informe qu’« après 730 jours d’enfermement dans une cellule à la prison d’El Harrach où il a purgé la totalité de sa peine, le journaliste Mohamed Benchicou, directeur du quotidien Le Matin, recouvrera sa liberté qu’on lui a injustement spoliée pour des motifs spécieux ». Il y a deux années tout juste, le journaliste et directeur du Matin passait devant le tribunal d’El Harrach suite aux poursuites intentées par le ministère des Finances pour « transfert illégal de capitaux et infraction à la réglementation des changes ». C’était le 15 juin 2004. Une année à peine après l’élection présidentielle qui a porté Abdelaziz Bouteflika vainqueur. Une année tout juste après la parution du livre satirique de M. Benchicou sur le chef d’Etat, intitulé Bouteflika, une imposture algérienne. Les uns supputeront que la condamnation du journaliste vise en réalité à le punir d’une telle liberté dans ses écrits sur le président de la République. Les autres s’attacheront à la lettre de la loi qui stipule qu’aucun transfert de capitaux ne peut être accompli de manière frauduleuse. Au lendemain de la condamnation du directeur du Matin, son avocat Khaled Bourayou déclare : « La justice est totalement instrumentalisée. On a tenu compte plus de la qualité de Benchicou, parce que c’est un journaliste d’abord. Il exprime des opinions et des idées. » C’était il y a deux ans. Aujourd’hui, « Mohamed Benchicou se rendra immédiatement après sa sortie de prison à 11 h à la place de la Liberté de la presse pour se recueillir à la mémoire des journalistes algériens assassinés par des terroristes. A 11h30 devant l’ETUSA (rue Hassiba Ben Bouali), endroit où sont tombés deux journalistes, victimes du devoir lors de la marche citoyenne du 14 juin 2001 et à partir de 12h30 à la maison de la presse Tahar Djaout où il remettra en personne le prix Benchicou de la plume libre aux deux lauréats, le Marocain Ali Lemrabet et Bachir Laârabi », poursuit le communiqué du comité. Un périple ou un pèlerinage au sanctuaire des martyrs. Hassiba Ben Bouali fut en son temps l’héroïne d’une liberté dont Tahar Djaout a, l’esprit combatif, ravivé la flamme. Autre temps, autre mœurs. Entre le Mondial du football et sous l’ère d’un nouveau gouvernement, Benchicou sort de prison. Au même moment, d’autres journalistes comparaissent devant le tribunal d’Alger pour diffamation. La boucle est-elle bouclée ? Z. A. M






















