Mardi 29 Janvier 2008

Un dimanche avec ces figures qui vous parlent kabyle à la télé
Dans les coulisses de BRTV

Grâce au TGV, Strasbourg n’est qu’à trois heures, passées de quelques minutes, de Paris. Le voyage se fait sans couacs ni désagréments  aucuns ! La locomotive s’est ébranlée vers 15 h 30, samedi dernier. Dans le train, une voiture pour la restauration et les rafraîchissements est même prévue. On ne s’ennuie pas. Ni du voyage, ni de l’environnement. Le passager en a, en fait, pour les 67 euros déboursés pour le billet. La chenille aboutie à Paris Est, plus connue, la gare de l’Est, dans le temps .

C’est presque en plein Paris. La nuit avait déjà pris ses droits. Ca donnait un décor particulier à la ville. Dès la sortie de la gare, l’immensité de Paris vous frappe à l’œil. Des boulevards espacés, très éclairés, une circulation dense sur les trottoirs et sur la chaussée, enfin, une ville très animée qui donne l’impression qu’elle ne dort pas la nuit… A 19 h, ça grouillait de monde comme s’il était 7 h du matin. ça circulait et ça marchait dans tous les sens. A Montreuil, du côté de BRTV, il n’y avait pas grand monde. Normal, c’est samedi soir, un week-end, forcément, ce n’est pas l’ambiance du début de semaine… Le lendemain, c’est dimanche, un jour encore plus sacré pour les Français. Les travailleurs de BRTV ne le sont pas mais ils ont l’air de bien s’en accommoder. Le dimanche, c’est pour la grasse matinée et le repos… Zaâma Zâama quoi ! Rendez-vous est pris à partir de 10 h 30 sur un terrain tout ce qui a de plus réglementaire, à Bagnolet, pour une partie de foot hebdomadaire entre collègues. Ou plutôt, potes. Pas tous ! Ce n’est pas tout le monde qui est sportif à BRTV. Tous forcement n’étaient pas là non plus. Pour une raison ou une autre… Ali Amour, l’animateur du JT, toujours, très et trop souriant, était la veille au bowling en compagnie de Mohammed Kacioui, l’autre présentateur des infos. Pas la peine de chercher qui a gagné… Ni pourquoi le plus français de l’équipe, François Xavier, le seul à dire “Amed Ouyaya”, n’était pas là non plus. Larbi Cherif, lui est venu avec sa Ford, et un grand argument pour repartir vite : le siège bébé à l’arrière  de son véhicule. Je dois faire sortir le petit, il faut que j’y aille ", finira-t-il d’ailleurs par lancer après un certain temps. Mais avant, il s’est mis en survêt. Tout comme le chouchou Kamel Tarwihth. Farid de la technique, de même. Et puis il y avait ce vétéran de " Oussanes Dhi Tmurth ", Tahar Yami, avec son sourire fin et quasi constant au coin des lèvres, sa mine franche, joviale, on dirait même innocente, tel un vieux bébé aux cheveux blancs. Il aurait pu être cinq fois grand-père d’ailleurs ! Mais bon, il était là pour jouer au foot avec ses amis, et surtout blaguer... beaucoup même. Sacré Tahar ! Entre " deux pousse-ballon ", il a toujours une nouvelle à balancer. Et tout le monde s’arrête net pour en rire. Il en connaît plein. Même de…Mascara ! La région, la ville, pas le truc de beauté-là. Tarwihth et Abderazak craquent à tous les coups. Ce dernier se remémora aussi de quelques-unes pour les dire. " D’da Gana m’en envoi souvent sur e-mail".

 

 

 

 

 

 

Tahar Yami, un Raoul qui arrive, Louis de Funès au bout de son action

Kamel ne se fait pas prier pour balancer les siennes aussi. Celle du téléphone depuis l’enfer a plongé tout le monde dans un fou rire. " Un Français, un Américain, et un Algérien vont dans un taxiphone en enfer pour avoir des nouvelles d’où ils sont venus dans le monde des vivants. Le Français met à peine cinq minutes dans la cabine et le préposé en face lui exige 300 euros. L’américain payera 1 000 dollars pour juste deux minutes. Et viendra enfin le tour de l’Algérien. Accroché au combiné, il l’aura collé à l’oreille pendant presque une heure. Au sortir quand il demande combien, " 9,5 DA ", lui répond le gérant heureux que ce client encombrant quitte enfin son kiosque. " Mais comment se fait-il que lui qui a parlé plus que nous, a payé moins de 10 DA ? C’est parce que lui c’est un Musulman c’est ça ? ", rouspétait le Français. Le gérant du taxiphone s’explique alors : " Mais non ! Lui, il a fait un appel local… " Des blagues au foot, du foot aux blagues, on ne s’en lassait pas. Il faut dire que le foot de Yami est une blague tout aussi rigolote. Il a de ces gestes qui font vraiment mal…de rire. En plus, il tente des trucs incroyables. On dirait Raoul sans ses cheveux au départ, et Louis de Funès à l’arrivée. Il en a pris un sacré coup là ou vous imaginez quand il glissait à la renverse en s’imaginant Zidane devant un coup franc. Il avait glissé comme une planche… Un bon moment pour se rappeler à terre de Thenayi Yemma, le film qu’il avait monte avec Younes Boudaoud. Tarwihth avait visiblement du mal à oser grand-chose. Il se prétend " licencié de drible, option petits ponts " mais, avec son ventre à près de trois mois ce n’est plus évident pour lui de prouver… Abdarazak, le ventre mal cerné aussi, semblait lui se retrouver dans le rôle de gardien… Il joue aussi bien. Il a la touche comme on dit. Que ça fait plaisir de les voir comme ça, avec leur naturel, à descendre leur…pantalon pour remonter un survêt, à taper dans un ballon, tomber sur le c…, avec des fou rires… Vraiment tout autre chose que ce cliché très carré et strict en costume cravate face à la caméra. Un vrai régal ! C’est du live au naturel. Un moment où on se documente plus en histoires belges et de Mascara que du dernier extraordinaire scandale de la Société Générale. Pour eux c’est des moments d’évasion, de retour aux sources sur place, une plongée dans l’ambiance du bled… A la fin de la séance, plus thérapeutique au rire que sportive, tout le monde rentre. Chacun sa destination. Ses obligations de dimanche. Ils ont l’ambition de monter prochainement carrément une équipe de onze. Un gros et grand pari en somme.

 

 

 

 

 

 

Temzi entre la corvée du plateau, et le mec bon chic bon genre de l’ écran

Pendant ce temps, dans les locaux de la télé, Lounis Temzi, " Lounis la tour ", " on m’appelle comme ça ici, ils disent que rien ne m’échappe ici ", préparait les images du journal de 13 heures que Kacioui s’apprêtait à présenter. Il assure la réalisation pendant que Hillal se tenait maître de la régie. " Ca, c’est un petit boulot, mais ce qui me prend beaucoup de temps c’est la préparation de l’émission hebdomadaire du lundi soir. Il faut avoir les bonnes infos, ce qui intéresse le plus les gens, les bonnes images surtout. Et puis il faut habiller tout ça. Il faut accompagner avec le commentaire… ça me prend des heures de montage, c’est tout un travail technique de plusieurs heures pour aboutir à l’émission que l’on voit à la télé. Et il faut rester concentré car les conditions du direct sont autres que celles d’une émission enregistrée, qu’on peut refaire autant de fois qu’on n’est pas satisfait du résultat. Les différents plateaux des directs sont au premier étage. Il y a celui du JT, de " Addal + ", de " Avehri Thili " de Djahida, de l’émission de jeu de Astid, et de " Galaxy berbère " de Farid " chaud, chaud, chaud "… Les autres, au deuxième. Au troisième, c’est la salle de rédaction, les bureaux administratifs”. Tarwihth a vite rejoint la grande salle des fêtes au rez-de-chaussée. Comme chaque dimanche, un gala est prévu en milieu d’après-midi. Avant-hier c’était Taous et Moh Amichi qui étaient prévus. Il fallait donc mettre au point les derniers préparatifs avant l’arrivée des familles. C’est devenu carrément une tradition pour bon nombre d’entre elles. " Notre messe à nous c’est de venir ici au gala du dimanche. C’est entre nous, c’est convivial, chaleureux, tranquille, déstressant, on chante, on danse, on se ressource beaucoup, et puis c’est pas cher. On se sent vraiment chez nous ", dira N’na L’Djouher, une grand-mère habituée des lieux. " J’ai toujours été là à l’avance. Je retrouve des connaissances, on discute avant le gala ". Vers 15h30, la salle, pas pleine à craquer, s’était sensiblement remplie. C’est Taous qui démarre la fête, et c’est parti pour un bon bout de temps d’ambiance. L’assistance est faite de sujets de tous les âges des deux sexes. Le décor est riche et sensuel en…rondeurs. On s’étaient faits beaux, belles comme en allant à une fête familiale en Kabylie. On " zyeutte " à gauche et à droite. Le charme des vieux qui exécutaient des tours de danse sur la piste est unique ! Des youyou fusent de temps à autres.

 

 

 

Taous et Amichi, " deux nounours " pour enchanter la salle de spectacle

Taous enchaînait les tubes sur la scène. Moh Amichi qui arrivait telle une star avec deux gaillards tout gentils du reste, au milieu du concert a rajoute au rythme qui régnait. " Si vous parlez de nous dans le journal, dites que les deux nounours ont mis de l’ambiance ", nous balançait Taous à la pause. Au fait, ils ne sont pas loin de l’être pour de vrai avec leurs kilos débordant des mollets aux joues… Ils ont aussi de la sympathie à en donner. Et c’est sans doute pour cela qu’on est venus nombreux pour eux. Amichi était particulièrement tout heureux. Les larmes aux yeux, il avouait avec la gorge nouée qu’il venait de voir son petit fils de sept ans vivant avec son ex dont il est séparé… " Il m’a choqué. Il ne m’a pas habitué à m’appeler papa. C’est ce qu’il a fait cette fois. Je voulais tout lui payer. Il a choisi une Play-Station ". C’est tout ça Amichi : un concentré de dur, un fonceur qui ne recule devant rien, un cœur insensible comme une pierre par moment, et tendre et fragile comme un flan à d’autres… Il y a eu beaucoup de monde qui l’entourait à la fin du spectacle pour lui dire qu’on a apprécié. Kamel Tarwihth, le maître des lieux, il a les clés…et la caisse, sensibilisait les présents pour revenir encore plus nombreux dimanche prochain.

Ca sera un gala de solidarité. La recette sera versée au profit d’un jeune enfant de Boghni qui a besoin d’une prise en charge ici en France pour une vitale greffe du foie. Tous les salariés de BRTV payeront leur place même s’il ne seront pas au gala. Les artistes qui viendront chanter aussi. Allilou qui était l’invité de Galaxy Berbère dans la soirée, venait de débarquer à ce moment-là. Il a dit instantanément o.k. ! Taous, Amichi reviendront. Il y aura aussi Adjroud, Zahir Abdjaoui, Aldjia, Boukrif… bref une brochette d’artistes kabyles vivant ici à Paris. Quelque part autour de BRTV. C’est pour cela que Berbère TV n’est pas juste une chaîne de télévision pour les Kabyles...

D.C . depeche de kabylie

 

publié par Québec.Kabylie QK dans: Actualités
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