Mercredi 01 Mars 2006

  Maison de la culture Mouloud Mammeri

Belkacem Hadjadj face au public

A une question sur le rôle du cinéma dans l’éveil de la conscience populaire, le réalisateur déclare “que le monopole de l’Etat sur le secteur n’a pas permis de réaliser grand-chose”, il cite comme exemple les films “Tahya Ya Didou et Omar Guetlatou”, “qui  ont traité les vrais problèmes de la société algérienne et qui ont eu des succès énormes”.

 Dans son deuxième numéro, la rencontre mensuelle “Parole aux artistes” a été consacrée au septième art avec comme invité du mois Belkacem Hadjadj, réalisateur et producteur dans le domaine. Devant une salle comble d’invités, d’artistes, de jeunes et des amateurs du cinéma et à travers un débat très fructueux et enrichissant, qui a duré plus de trois heures, M. Hadjadj a touché pratiquement à tout ce qui a trait de près ou de loin au cinéma : de la production cinématographique, de sa propre expérience, du cinéma algérien, etc.
A une question sur le rôle du cinéma dans l’éveil de la conscience populaire, le réalisateur déclare “que le monopole de l’Etat sur le secteur n’a pas permis de réaliser grand-chose”, il cite comme exemple les films “Tahya Ya Didou et Omar Guetlatou”, “qui  ont traité les vrais problèmes de la société algérienne et qui ont eu des succès énormes”. A propos du cinéma et l’école, il plaide pour l’intégration du cinéma dans le système éducatif, il déplore “qu’aujourd’hui, il y ait des jeunes de 20 ans qui n’ont pas vu un film dans une salle”.
Entouré en cette occasion par deux acteurs du film “Machahou”, duquel il retient “cette belle et riche expérience, à partir du moment où ce film est l’un des premiers en langue amazigh et qu’il a été réalisé dans une conjoncture très difficile”.
Belkacem Hadjadj a répondu aussi à plusieurs questions avec franchise et sans détours, notamment sur ses dernières productions, “El Manara” et les séries de caméras cachées, “Tant qu’on ne peut pas produire cent, voire deux cent films par an, on ne peut parler d’un cinéma algérien”, cela, “nécessitera beaucoup de moyens de la part de l’Etat, qui doit financer la production cinématrographique”, dit-il. Il préconise aussi l’ouverture des écoles spécialisées pour assurer la relève. Quant à ses futurs projets, il annonce un feuilleton qui sera réalisé en tamazight, arabe et français.
A rappeler, enfin, que cette rencontre est la deuxième du genre, le premier numéro a accueilli le chanteur Si Muh. Cette rencontre  organisée par la maison de la Culture et animée par Slimane Belharet, promet encore “d’autres surprises”.

Belkacem Hadjadj
l Je suis agréablement surpris aujourd’hui par la qualité et la richesse de cette rencontre de part le public présent, l’organisation, le débat et l’animateur. Je suis très content, franchement, je ne m’attendais pas à ça ! 

Salem Ait Ali Belkacem , communément appelé Muhend u salem,(Mon ami), acteur dans plusieurs films et aussi le rôle de Oussalas dans le film “Machahu”)
l Je suis impressionné et en même temps très honoré d’assister à ce rendez-vous aux côtés d’un homme courageux et d’une grande valeur qui est un pionnier dans le cinéma d’expression amazigh, pour moi Belkacem Hadjadj est au cinéma, ce qu’est Lounis Aït Menguellet à la chanson kabyle.

La Dépêche de Kabylie

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