Dix-nuit mois après le lancement de ses travaux à Oued Aïssi, à une dizaine de kilomètres de la ville de Tizi Ouzou, l’unité de fabrication des produits pharmaceutiques destinés au traitement de l’hypertension, du cholestérol et du diabète a été inaugurée hier en présence du ministre de la Santé et de la Réforme hospitalière, Amar Tou, des autorités locales et d’une importante délégation du groupe danois Novo-Nordisk, conduite par son vice-président Kostas Piliounis et le directeur de sa filiale Aldaph Algérie, Kostas Misdanitis.
Après une visite dans les locaux de cette unité qui a coûté 1 milliard de DA, Amar Tou a souligné qu’il ne s’agit pas de l’inauguration de l’unité puisque, a-t-il expliqué, certaines modalités telles que la validation des équipements, des conditions de production et du produit lui-même, ainsi que le contrôle par le laboratoire national de des produits pharmaceutiques restent encore à effectuer. Ces validations sont d’ailleurs fixées, à l’occasion, par le ministre au 10 juillet pour les équipements et à septembre prochain pour la mise sur le marché des produits. De l’avis du vice-président du groupe Novo-Nordisk, Kostas Piliounis, qui considère l’inauguration d’aujourd'hui comme officielle, ces validations ne sont que de simples formalités puisque son groupe s’est fixé des normes souvent plus rigoureuses que les normes européennes, et reste donc confiant quant à l’obtention de ces différents certificats de conformité dans les délais. Une fois mise en service, en septembre prochain, cette unité, qui constitue le premier investissement direct danois en Afrique du Nord, produira entre 3 et 4 millions de boîtes de médicaments destinés au traitement des trois pathologies, à savoir le diabète, l’hypertension et le cholestérol. “Cette unité ne produira pas d’insuline”, ont indiqué les responsables du groupe qui ont expliqué qu’elle produira plutôt des médicaments pour le diabète du type 2, c’est-à-dire destinés au traitement de cette maladie au début de son apparition.
Une fois ce que les responsables de Novo-Nordisk appellent la deuxième phase du projet entamé en 2007, l’unité produira 7 à 8 millions de boîtes du même médicament. “Elle pourra ensuite augmenter sa production en fonction de la demande”, ont-ils ajouté. Mais les ambitions du groupe ne s’arrêtent pas là puisque, selon ses représentants, “cette unité pourra même par la suite exporter vers d’autres pays notamment africains”. Seulement, pour eux, cela nécessitera la mise en place d’équipes supplémentaires. L’ambition du groupe est aussi celle de créer des emplois dans la région. “Nous avons jusque-là recruté 36 personnes, et nous comptons atteindre plus d’une centaine à l’entame de la deuxième phase en 2007 et encore davantage par la suite”, a souligné le directeur d’Aldaph Algérie, Kostas Misdanitis qui n’a pas caché sa fierté du fait de l’adaptation de son unité aux normes environnementales. “Notre unité ne rejettera de déchets liquides que les eaux du lavage, mais on a quand même réalisé une station pour leur traitement ; quant aux déchets solides nous comptons engager des sous-traitants spécialisés dans l’incinération”, a-t-il déclaré.
En réponse au souhait exprimé par Amar Tou et qui consiste à voir ce groupe danois et encore d’autres producteurs de médicaments investir en Algérie afin, dit-il, “de réduire l’importation des produits pharmaceutiques et augmenter à plus de 80% le taux de production nationale en médicaments qui n’est actuellement que de 23%”, les responsables de Novo-Nordisk ont expliqué tout l’intérêt qu’ils accordent au marché algérien qui est très important et qui se développe rapidement. “Après 7 ans de présence en Algérie, nous sommes convaincus, et notre conviction est renforcée par nos études et analyses, que l’Algérie est un marché important et un endroit où il fait bon d’investir”, a conclu le vice-président de Novo-Nordisk. Samir Leslous