Dimanche 18 Juin 2006

LA TROUPE “IMSEBRIDEN” REPREND SON BÂTON DE PÉLERIN

“Tachbalit” de Mohia sur les planches vers la fin avril   

 

La troupe universitaire de Tizi Ouzou Imsebriden, qui a imprimé son nom dans le gotha du théâtre kabyle vers la fin des années 1980, reprend son bâton de pèlerin pour ressusciter Mohia à travers Tachbalit, après une éclipse totale qui a duré plus de 15 ans. La mort subite de Muhend U Yahia a naturellement provoqué une onde de choc chez ses fans. Les membres de la troupe Imsebriden (les passagers), éparpillés pour des raisons professionnelles à la fin de leur cursus universitaire, se sont retrouvés pour monter, une nouvelle fois, sur scène et jouer la pièce Tachbalit en guise d’hommage à celui qui a sacrifié toute sa vie pour la culture et le théâtre kabyles.
Qui n’a pas en mémoire les personnages de Jeddi Yebrahim, Aali n Delon, Tajilbant, Smina n’ Tazert, Hlima n’ Tala, Buleghbar, Wejjir, Wejtuti, Si Qaci, Bubrun et Bugatu ?
Mohia avait su manier son génie pour trouver les prénoms qu’il fallait pour adapter une œuvre du prix Nobel Italien Luigi Perandello en kabyle, en lui donnant une touche propre à la société kabyle. C’est ce génie propre à Mohia que la troupe Imsebriden voudrait faire découvrir à la génération de l’après-80. C’est par devoir de mémoire et de militant en guise d’hommage au fils des Aït Erbah que l’ensemble de la troupe est rappelé pour la circonstance. Une séance de répétition est organisée une fois par semaine à la Maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou. 


“Les répétitions se déroulent dans une ambiance émotionnelle”, nous a déclaré le Dr Hider Yahia, un des comédiens, en sa qualité de co-directeur de la production en compagnie de El Hassene Metref, président de la Ligue des arts dramatiques et cinématographiques de la wilaya de Tizi Ouzou. L’ambition de la troupe est de monter la pièce Tachbalit, digne d’une production théâtrale professionnelle. Selon l’estimation financière élaborée par Omar Fetmouche, directeur du Théâtre régional de Béjaïa, cette entreprise coûtera une enveloppe assez conséquente de l’ordre de 3 150 000 DA. C’est ainsi qu’un dossier de subvention bien ficelé est adressé à l’Assemblée populaire de la wilaya de Tizi Ouzou, au ministère de la Culture, au Haut-Commissariat à l’amazighité, ainsi qu’aux sponsors privés, selon le manager général de la troupe, le Dr Chebala Salah. Probablement, la pièce sera fin prête pour sa présentation en public vers la fin du mois d’avril, ajoute notre interlocuteur, qui souligne qu’il “reste simplement quelques accessoires à acquérir  tels que les décors et la jarre”.

La troupe est déjà sollicitée pour jouer au Théâtre national d’Alger (TNA) et au Théâtre régional de Béjaïa (TRB), selon le Dr Cheballa.  Mais le souhait des membres de la troupe, selon les propos du Dr Hider Yahia, c’est de la jouer symboliquement à l’amphithéâtre Kamal-Amzal de l’Université Hasnaoua pour marquer l’anniversaire de la date de la présentation de la pièce pour la première fois au mois d’avril 1988 dans le même amphi. Et c’est aussi une occasion pour rendre hommage au jeune étudiant Kamal Amzal, assassiné par un groupe islamiste, à la cité de Ben Aknoun, le 2 novembre 1982. Le produit final sera-t-il commercialisé ? Pour le moment, selon le manager général de la troupe, “tout dépend des ayants droit de Mohia”, mais une chose est sûre, ajoute-t-il, “même si actuellement rien n’est encore envisagé, les choses se feront dans les règles de l’art, c'est-à-dire en concertation avec le fils de Mohia en particulier”. Le Dr Hider nous a fait savoir au passage, que la troupe avait reçu l’aval de Mohia lui-même de son vivant, lorsque la pièce a été jouée pour la première fois à l’Université de Tizi Ouzou, en 1988. “Il nous a même félicités pour le travail réalisé”, selon notre interlocuteur.
Une chose est certaine, ajoute notre source, les comédiens et comédiennes sont en train de répéter fidèlement le texte original, sans aucune censure. Bien évidemment, du point de vue technique, des nouveautés seront introduites au niveau de la mise en scène sous la direction de Arab Belkacem. 

 
La troupe s’inscrit déjà dans la durée, selon le Dr Hider, qui souligne que “l’idée commence à germer au sein du groupe pour monter d’autres pièces dont l’objectif principal est d’impulser le théâtre d’expression amazigh, d’autant plus qu’il y est question de l’ouverture prochaine du Théâtre régional à Tizi Ouzou”.

M. SI BELKACEM
 

Préambule
« L’un de mes plus grands regrets dans la vie et de n’avoir pas connu Mohia plus tôt »
   Cette pathétique phrase du regretté Kateb Yacine résume à elle seule la grandeur de Muêend U Yeêya que la mort nous a ravi il y a un peu plus d’une année.
C’est donc tout naturellement que la troupe Imsebriden reprend son bâton de pèlerin en guise d’hommage à cet illustre homme de culture qu’il nous sera impossible de remplacer un jour.
   Imsebriden est une jeune troupe estudiantine qui fait partie du gotha du théâtre kabyle naissant dans les années 80 à l’instar d’Amezgun N Tewrirt et Me$res, une autre troupe universitaire.
   Après un début prometteur, toutes ces troupes se sont hélas ! éclipsées à l’issue des cursus de leurs membres tant il est vrai qu’une troupe universitaire a une durée de vie éphémère. Malheureusement, cette regrettable disparition est loin d’être le propre des troupes nées dans nos campus. Aujourd’hui, sans vouloir vexer quiconque, il n’y a pas sur la scène une troupe digne de ce nom qui ait survécu. Le marasme du 4ème art kabyle est pour ainsi dire total.
   Qu’à cela ne tienne ! L’objet de mon propos n’est pas de quêter les raisons de ce déclin annoncé, mais de mettre l’accent sur une perspective heureuse qui peut augurer de meilleurs lendemains pour le théâtre en Kabylie. En effet, en voulant réinvestir la scène, Imsebriden s’apprête à tenter un exploit rarement réalisé, pour ne pas dire jamais : ce n’est guère une sinécure que de réunir les membres d’une troupe après une séparation qui aura duré une quinzaine d’années, surtout lorsque ces membres sont plongés dans leurs vies familiales et socioprofessionnelles dans des horizons diverses et éparpillés (médecins, magistrats, enseignants, administrateurs, professions libérales, …).
   En lançant le défi de rejouer TACBALIT de Muêend U Yeêya, adaptation de la Giara (la Jarre) du prix Nobel italien Luigi Pirandello, l’enjeu dépasse largement le cadre interne de la troupe Imsebriden. Si le projet advenait, l’impact aura des répercussions à une large échelle. Pour ma part, je ne peux qu’espérer que ce projet réussira à booster une pratique artistique plongée dans une crise aigue.
   L’intention est donc là ; reste maintenant à réussir ce come back. C’est là une tout autre histoire car il est pour ainsi dire obligatoire de faire au moins aussi bien que la première fois, sinon mieux. Pour y parvenir, il n’y a pas trente six chemins, il faut réunir tous les moyens nécessaires : humains, logistiques et financiers.
   C’est à cette tâche que les partenaires de ce projet s’attèlent dès à présent par la présentation de ce modeste dossier dont l’objectif est d’éclairer toutes celles et tous ceux, amoureux de l’œuvre de Mohia et du théâtre kabyle et leur demander leur soutien pour cette entreprise de réhabilitation que je ne crains pas de qualifier de salvatrice.
EL HACENE METREF, Président de la Ligue des Arts Cinématographiques  et Dramatiques de Tizi-Ouzou

Fiche technique

Production :
- Troupe IMSEBRIDENen partenariat avec:
- La Maison de la Culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou
- La Ligue des Arts Cinématographiques et Dramatiques de Tizi-Ouzou
Direction de la production : EL HACENE METREFYAHIA HIDER
Manager général :SALAH CHEBALLAH
Texte : TACBALIT
Auteur : MUËEND U YEËYA
Adaptation : LA JARRE de LUIGI PIRANDELLO
Durée: 01 (UNE) HEURE
Mise en scène : BELKACEM ARAB
Scénographie et chorégraphie : RAZIKA MOKRANI, assistée de SALIM BOUKHEMAL
Bande son : RABAH TICILIA
Mise en scène filmique & Moyens audio-visuels:KARIM SAID LHADJNORDINE HADID
Interprétation
- Ali BENBOUABDELLAH - Jeddi Yebôahim
- Madjid MEZDAD - Aeli N Delu
- Samia GRAICHE - Taoilbant
- Siham AIT FELLA - Smina N Tazert
- Salima TAIEB - Ëlima N Tala
- K. L - Bule$baô
- Koceila CHEBALLAH - Wejîuîi
- Ahcène IDIR - Wejjir
- Farid BEKDOUCHE - Si Qasi
- Rabah AMIRECHE - Bubôun
- Yehya HIDER - Avocat

Résumé
     L’histoire se passe dans la demeure de Jeddi Yebrahim, un riche propriétaire foncier, durant la saison de cueillette des olives.
     Ce jour là, Jeddi Yebrahim était afféré à se plaindre auprès de son avocat venu pour un séjour thérapeutique. Jeddi Yebrahim est arraché à son conciliabule par l’arrivée tardive du marchand de fumier. Ce n’est que par égard à son avocat que Jeddi Yebrahim se résilie à accepter la livraison dont il tient tout de même à superviser le déchargement. 
     Arrivé au champ pour surveiller le travail de Bu Leghbar, Jeddi Yebrahim renvoie ses ouvriers à la maison pour leur assigner une mission assez délicate.
     L’ayant compris, son zélé contre maître, Ali N Delu, se charge d’organiser et de superviser cette mission consistant à évacuer un vieux fut aux fins de faire place à la toute nouvelle et grande jarre chèrement achetée à Ait Frah en prévision de l’exceptionnelle récolte d’huile escomptée.
     Mais le drame survient lorsque l’on découvre que cette fameuse jarre est fissurée. Quelle catastrophe ! Dans la panique générale, Ali N Delu consent à aller chercher Jeddi Yebrahim dont la réaction était connue d’avance, tandis que les ouvriers, hommes et femmes, discouraient sur ce malheur en prenant soin de s’en disculper.
     Jeddi Yebrahim, fou de rage, arrive dans une colère noire et accuse immédiatement ses employés qu’il jure de faire payer. Il ordonne qu’on lui ramène la jarre afin qu’il mesure de ses yeux l’importance des dégâts. Dès qu’il la voit, il tombe en pleurs et lamentations en continuant à proférer jurons et menaces.
     On lui propose alors de faire appel aux services de Si Qasi, un artisan ambulant réputé pour sa colle miraculeuse. Contraint d’accepter, Jeddi Yebrahim exige des explications sur cette colle et prescrit lui-même le mode de l’intervention technique : la colle et des agrafes. Malgré sa confiance inébranlable en sa colle et la pertinence de ses arguments, Si Qasi se trouve dans l’obligation d’abdiquer et d’adopter le mode opératoire de Jeddi Yebrahim. Mais ce mode exige de Si Qasi de renter dans la jarre pour mener à bien sa tache. 
     A peine le morceau fissuré recollé, Wejjir s’aperçoit qu’il sera difficile à Si Qasi de sortir. Quelle drôle et dramatique situation à laquelle Wejjir convie ses collègues. Alerté par le tapage général, Jeddi Yebrahim arrive et découvre cette nouvelle mésaventure à laquelle il ne s’est jamais attendu.
     Que faire alors pour résoudre cette tragédie où Jeddi Yebrahim ne tient pas du tout à laisser une quelconque plume ?
 
 
 
 
QUEBEC.KABYLIE QK
Quebec Kabylie QK vous remercie pour votre faveur, et aussi pour la visite que vous avez effectuez sur le site  . je vous remercie aussi pour les Photos , d'ailleurs je reconnait quelques visages familliers , ALI , HCENE ET FARID que je salut au passage . 
 
Message sympatique de '' tacbalit'' ,
Bonjour,
Nous avons découvert votre blog au hasard d'un net zapping.
Nous avons bien noté l'intérêt que vous portez à Muhend U Yehya et à notre spectacle Tacbalit. Nous vous informons que notre projet a été bien éralisé : la générale a été jouée le 22 mai 2006 à la Maison de la Culture de Tizi-Ouzou où nous venons également de donner 2 représentations le 05 juin dernier.
Nous vous faisons la faveur de vous envoyer ces quelques photos ainsi qu'une interview réalisée par vos confrères de kabyle.com (Djamel Beggaz en l'occurence). Nous vous prions de ne pas la publier avant que kabyle.com ne le fasse. Nous comptons sur votre compréhension. Sur le site de la Maison de la Culture . Bonne réception
 
 

publié par Hassane AMRANE dans: Actualités
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